vendredi 11 décembre 2015

Lutte contre le gaspillage alimentaire: vote unanime à l'Assemblée

 

http://www.lefigaro.fr/medias/2013/10/16/PHOead0956e-362a-11e3-a0d0-fc26173541b1-805x453.jpg

L'Assemblée nationale a voté mercredi soir à l'unanimité un panel de mesures de lutte contre le gaspillage alimentaire, les députés mettant en avant un "enjeu crucial" pour la planète, alors que se tient la conférence climat COP21.

La proposition de loi, co-signée par les chefs de file des groupes socialiste, écologiste et des radicaux de gauche, et au total par plus de 300 députés de la majorité et de l'opposition, a obtenu l'aval de l'ensemble de la gauche, de l'UDI et des députés Les Républicains.

Avec ce texte, qui permet de "bâtir un cadre légal contre le gaspillage", "la France deviendra le pays le plus volontariste d'Europe" en ce domaine, s'est félicité devant les députés son rapporteur, Guillaume Garot (PS), ancien ministre délégué à l'Agroalimentaire.

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, remplaçant dans l'hémicycle sa collègue de l'Ecologie Ségolène Royal pour cause de COP21, a apporté son soutien au texte, notant que les mesures présentées permettraient aussi de lutter "contre la précarité dans laquelle se trouvent de trop nombreuses familles", qui "se laissent abuser par des dates limites de consommation qui pour certains produits ont été sous-estimées".

Les députés de tous bords politiques ont également mis en avant, l'"enjeu crucial" pour la planète, et salué, à l'instar d'Alexis Bachelay (PS) un travail "rare" de co-production pour élaborer ce texte, Frédéric Lefebvre (Les Républicains) se félicitant aussi de cette "unité".

Pour les écologistes, Brigitte Allain a notamment relevé que "le gaspillage alimentaire, s'il était un pays, serait le troisième pollueur mondial". Au nom du Front de gauche, Patrice Carvalho, a estimé que ce gaspillage était "une honte".

- 'Des chiffres à donner le tournis' -

"Jeter une baguette de pain, c'est laisser se vider une baignoire entière, jeter un kilo de viande de boeuf c'est 15.000 litres d'eau gaspillés", a lancé Jean-Pierre Decool (Les Républicains), co-signataire du texte, ajoutant que le gaspillage représente chaque année en France : "56 repas par foyer, des chiffres à nous donner le tournis".

Le texte reprend des dispositions destinées à empêcher les grandes surfaces de jeter de la nourriture et de rendre leurs invendus impropres à la consommation, qui avaient été ajoutées à l'unanimité au Palais-Bourbon en mai dans la loi sur la transition énergétique, mais avaient été censurées par le Conseil constitutionnel pour des raisons de procédure.

Mme Royal et la grande distribution - qui n'est responsable directement que de 5 à 10% du gaspillage alimentaire, contre 15% pour la restauration et 70% pour les ménages - sont parvenus fin août, non sans mal, à un accord sur une série "d'engagements volontaires" pour renforcer les actions de lutte "anti-gaspi".

"La visée de la proposition de loi est beaucoup plus large", selon M. Garot. Elle instaure une hiérarchie des actions à mettre en place par chaque acteur de la chaîne alimentaire: prévention du gaspillage, à défaut utilisation des invendus pour la consommation humaine, pour l'alimentation animale, puis à des fins de compost pour l'agriculture ou de valorisation énergétique.

Il sera interdit aux grandes surfaces de jeter de la nourriture consommable (invendus), de détruire de la nourriture consommable (par javellisation notamment), et elles auront l'obligation de signer un protocole avec une association de solidarité afin de faciliter les dons alimentaires.

Les produits sous marque de distributeur qui seraient retournés au fournisseur pourront être donnés, alors qu'ils sont obligatoirement détruits actuellement. La lutte contre le gaspillage alimentaire fera en outre partie de l'éducation à l'alimentation durant le parcours scolaire.

La proposition de loi devrait être présentée au Sénat début 2016, en vue d'une adoption définitive rapide.

Une pétition pour dire "stop au gâchis alimentaire", initiée par le conseiller municipal (LR) de Courbevoie (Hauts-de-Seine), Arash Derambarsh, a dépassé en France les 211.000 signatures, et 740.000 en Europe. L'élu local a salué mercredi avec le vote, "l'aboutissement d'un combat exceptionnel".

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mardi 11 août 2015

Conseils bidon, hoax écolos : arrêtez de partager du Sante-nutrition.org

Médicaments et aliments : des interactions à connaître…

Sante-nutrition.org – dont le slogan est « Que ton aliment soit ton médicament » – connaît un grand succès. Pourtant, il diffuse des informations souvent exagérées, parfois erronées. Au détriment de ses lecteurs.

  • « Les pêches torturent les cellules cancéreuses et les poussent à se suicider. »
  • « Elle a bu du jus de carotte tous les jours pendant huit mois : vous n’allez pas croire ce qui est arrivé… »
  • « Les vers peuvent envahir votre cerveau si vous mangez cet aliment courant . »

Vous avez peut-être vu passer ce genre d’articles dans une chaîne mail ou sur votre mur Facebook ces derniers jours.

Le modèle est simple : un remède plus ou moins naturel vous est présenté comme miraculeux, et on vous indique que la révélation de ce secret va « énerver l’industrie pharmaceutique » ou « choquer les médecins ».

Le site qui diffuse ces articles s’appelle Sante-nutrition.org. Près de 100 000 personnes ont liké sa page Facebook, certains de ses articles sont partagés plusieurs milliers de fois. Selon les estimations, entre 700 000 (en France) et 2 millions de visiteurs uniques (dans le monde) s’y rendent chaque mois. C’est énorme.

Le fondateur : « Pas formé, pas formaté »

Pour en savoir plus, nous avons essayé de contacter son fondateur, Yann Soinard. Après plusieurs mois d’attente, il a fini par accepter de nous répondre. Il dit avoir 38 ans, et précise que la publicité sur son site permet de financer son salaire et celui de deux autres personnes.


Capture d’écran du site (Sante-nutrition.org)

Yann Soinard est un ancien développeur informatique qui se dit « passionné par la santé et l’alimentation naturelle » depuis qu’il a commencé il y a trois ans à regarder les vidéos de Thierry Casasnovas (cet homme qui donne ses conseils pour soigner le cancer sur YouTube, est surveillé par la Mission de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires – Miviludes – et a monté un énorme business de vente d’extracteur de jus de fruits et légumes).

Yann Soinard revendique n’avoir aucune formation sur le sujet :

« Je n’ai pas été formé, donc je n’ai pas été formaté. Ma mère nous soignait déjà avec de la lavande, mon arrière-grand-mère se soignait avec de la sauge et tout.

Je me forme tout seul, je choisis moi-même de lire tel site ou tel site. L’information, elle est partout sur Internet, pas à l’école où on vous met des choses dans la tête ».

Des traductions d’« articles » américains

Il nous a expliqué ses méthodes de travail :

« Nous faisons surtout de la traduction de sites américains sur la santé naturelle. Il y en a beaucoup, ils sont très en avance sur nous. Quand on voit un article qui a bien marché, qui a été repris par beaucoup de sites, on se dit qu’il y a quelque chose derrière, on le traduit.

J’essaye de vérifier s’il y a des études scientifiques mais il n’y a pas des études scientifiques sur tout. »

Je l’interroge sur un récent article publié sur son site, assurant que l’on peut soigner les varices en mangeant des tomates vertes :

« Pour les varices, il y avait un article américain avec une explication, c’est parce que les tomates vertes sont plus acides, et un témoignage. Voilà, je pars de quelque chose de véridique. La photo qui a été choisie, bon, c’est quelqu’un qui a vraiment beaucoup de varices peut-être que ça ne suffirait pas pour la soigner elle, les tomates vertes. C’est sûr que ça dépend du degré de maladie, mais il y a des gens chez qui ça va marcher, c’est bien d’essayer. »


Capture d’écran du site (Sante-nutrition.org)

Quand on lui a demandé ses sources, il a cité : Healty Food House, Living Traditionnaly, Natural News. Il devait nous envoyer le reste par mail. On attend toujours. Ces trois sites, en tout cas, ont tous des sujets et des titres racoleurs, et des articles toujours exagérés, parfois totalement bidons.

Ce qui est filou...

Il suffit souvent de quelques minutes de recherche pour comprendre que la majorité des articles de Santé nutrition, comme ceux des sites américains, comportent beaucoup d’erreurs et/ou d’exagérations. Exemple : ce n’est pas un « aliment courant » qui vous fait risquer de vous faire dévorer le cerveau par des vers, c’est du porc très mal conservé et seuls 300 cas d’infection de ce type sont avérés depuis 1953. Aucun risque pour monsieur Tout-le-monde, donc.

Ce qui est filou, c’est que ces tuyaux très faux sont publiés au milieu d’informations fiables et crédibles. C’est d’abord le cas au cœur même des articles. Prenons pour exemple l’article qui assure que la racine de pissenlit est plus efficace que la chimiothérapie.

Il s’appuie sur les passionnants travaux d’un chercheur canadien, Siyaram Pandey, qui a montré en 2012 que des extraits de racine de pissenlit pouvaient permettre de tuer des cellules cancéreuses. Ce chercheur s’attaque maintenant à un travail beaucoup plus complexe : les tests sur des malades du cancer. Très prudent, il estime seulement que les extraits de racine de pissenlit ont un « bon potentiel » dans la lutte contre le cancer.

Le problème c’est que Santé nutrition ne s’embarrasse pas de ces précautions et affirme, sans aucune raison, que les racines de pissenlit sont plus efficaces qu’une chimio. De même, il s’appuie sur des études qui montrent que la carotte est bonne pour la santé et sur un témoignage contesté pour affirmer que ce légume peut guérir le cancer.

Ensuite, Santé nutrition vole et diffuse également les contenus de sites d’information très fiables et respectables, tels Terra eco ou... Rue89. Et, pour ajouter à la confusion, il publie aussi des citations sorties de leur contexte ou les allégations toutes aussi fausses mais beaucoup plus plausibles du professeur Joyeux sur les vaccins ou ceux de dentistes marginaux qui s’appuient sur des corrélations biaisées pour accuser certains soins dentaires de causer le cancer.

Du café par voie rectale

Beaucoup de gens semblent croire et suivre les propositions de Santé nutrition.

Du coup, sous les articles, des lecteurs racontent leur désarroi... C’est le cas de personnes ayant tenté de faire des lavements et irrigations du côlon – une pratique à la mode à l’intérêt douteux et dangereuse – notamment sous une vidéo diffusée par Santé nutrition qui recommande les lavements au café (vous avez bien lu) qui seraient « absolument magiques et extraordinaires » :


Capture d’écran de la vidéo (Via Sant&eacute ; nutrition)


Une lectrice doute de la méthode des tomates contre les varices (Capture)


Une lectrice souffre de l’excès de carotte mais accuse les médecins et industriels (Capture)


Sur YouTube, un lecteur a mal vécu son lavement au café (Capture)

Je fais donc remarquer à l’auteur du site qu’à mes yeux, ses lecteurs servent un peu de cobayes. Il n’est pas d’accord :

« Les gens essayent, ils ne risquent rien puisque ce sont des solutions naturelles. Parfois même je suis surpris de voir à quel point ça marche bien. Il y a des articles, je me rends compte que c’est n’importe quoi, j’arrête de les publier sur Facebook, c’est le cas pour certains articles de Natural News par exemple.

L’important, c’est de diffuser des informations utiles mais vous, vous ne voyez pas le positif, vous faites des articles à charge, vous aviez fait pareil avec Thierry Casasnovas. L’orthorexie et tout, c’est n’importe quoi, on parle de gens qui diffusent des solutions naturelles, j’y crois beaucoup, c’est une bonne chose. »

Noir sur blanc, sur mon écran

Pour s’assurer que nous ne sommes pas les seuls à « ne pas voir le positif » dans son travail, nous avons demandé l’avis d’Ophélie Véron, normalienne et blogueuse réputée, qui s’attèle justement à diffuser des informations fiables et de qualité sur l’alimentation et la santé. Vous ne devinerez jamais ce qu’elle a répondu (par mail) :

« J’allais écrire que je n’ai aucune idée de ce qui peut bien faire le succès d’un site pareil, mais en fait, c’est faux, je sais très bien ce qui fait son succès : des titres racoleurs, des articles prétendument “choc”, de nombreuses publications (évidemment, comme plagier prend peu de temps, on peut facilement publier à la chaîne), une communication bien orchestrée sur les réseaux sociaux (notamment Facebook où les articles – nouveaux comme anciens – sont partagés plusieurs fois par jour), le savant mélange entre informations véridiques et informations complètement fausses (majoritaires), etc. [...]

Il y a un gros problème avec le partage de contenu sur Internet. C’est peut-être parce que je travaille comme chercheuse, mais je suis effarée de voir combien les gens sont prêts à croire absolument n’importe quoi sur Internet : comme si, sous prétexte qu’ils apparaissent en noir sur blanc sur un écran, les propos les plus fous étaient considérés comme la science absolue, et comme si les gens perdaient subitement tout sens critique.

J’ai vu des articles d’une mauvaise foi extrême, écrits par des gens pourtant connus dans leur domaine, qui citent à tout va des études scientifiques, mais quand on y regarde de plus près, on se rend compte que soit ces personnes n’ont pas lu les études en question et se sont arrêtées au titre, avec un contenu qui n’a rien à voir, soit celles-ci ne savent pas lire ces études, extrapolent des informations, se trompent dans les rapports de causalité, transforment les chiffres, etc.

Bref, pour moi, Santé nutrition, c’est un peu le paradigme de ces pratiques, mais ce n’est qu’un site parmi d’autres qui recourent à ces procédés. »

Effectivement, Yann Soinard dit voir des concurrents se positionner sur son marché ces dernières semaines. Des concurrents qui copient-collent les articles déjà copiés-collés par Santé nutrition... et vice-versa. Le filon a l’air porteur. A moins que chacun prenne le temps de vérifier les informations des articles qu’il partage sur Facebook. C’est pas gagné.

Thibaut Schepman | Journaliste Rue89

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lundi 15 décembre 2014

Etiquetage alimentaire : l'Europe aide les consommateurs à mieux manger

étiquetage europe

Les consommateurs européens devraient manger plus sereinement à partir de samedi, grâce à une refonte des règles de l'étiquetage alimentaire. Au programme, une meilleure information pour éviter la crise d'allergie au restaurant, compter ses calories sans avoir besoin de loupe ou ne pas ingérer de nanomatériaux. Détails des mesures annoncées.


Une nouvelle réglementation européenne doit aider les consommateurs à manger plus sainement et les personnes souffrant d'intolérances alimentaires à être mieux protégées.

 

La Commission européenne a détaillé jeudi ces nouvelle mesures, qui entreront progressivement en vigueur à partir du 13 décembre, trois ans après leur adoption, à l'issue de nombreux bras de fer et compromis avec l'industrie agroalimentaire.  Selon l'exécutif européen, cette réglementation doit aider les consommateurs de l'UE à manger plus sainement et les personnes souffrant d'intolérances alimentaires à être mieux protégées.

Se régaler sans allergènes

Dès samedi, la présence des 14 suspects allergènes habituels (arachides, lait, noix, etc) devra être clairement indiquée dans tous les aliments, y compris pour les produits non préemballés, à charge pour les boulangers ou restaurateurs de prendre les mesures qui s'imposent.

A priori, la retranscription de cette directive en France devrait concrètement se traduire par le fait que les restaurateurs devront fournir oralement à son client des informations sur la composition des aliments dans son assiette, notamment la présence éventuelle des allergènes les plus courants. Une liste écrites de tous les plats contenant ces allergènes devra être disponible sur demande et conservée dans le restaurant.

Huile de palme et viande reconstituées ne pourront plus se cacher

Pour les biscuits ou friandises à l'huile et aux graisses "végétales", les fabricants devront préciser s'il s'agit d'huile de palme, de tournesol ou autre. Même mention obligatoire pour les ajouts d'eau ou de protéine, tandis que les "poissons" ou "viandes" reconstituées ne pourront plus faire semblant de ne pas l'être.

Les nanomatériaux de moins en moins invisibles

La présence de "nanomatériaux manufacturés" devra également être signalée, une règle censée dissiper le flou total entourant actuellement leur usage par l'industrie. Susceptibles de figurer par exemple dans des desserts chocolatés, charcuteries ou soupes, ces matériaux minuscules sont soupçonnés de pouvoir nuire à la santé humaine.

Sous pression de la filière agroalimentaire, la Commission entendait limiter cette obligation de transparence, mais le Parlement européen s'y est opposé au nom du principe de précaution.

Améliorer la traçabilité

Le patriotisme alimentaire bénéficiera de l'extension aux viandes porcine, ovine, caprine et de volaille de l'indication obligatoire d'origine imposée jusque-là à la seule viande bovine.

Transparence aussi pour l'origine des poissons, dont les noms commercial et d'espèce devront être déclinés, avec leur zone de capture et l'engin de pêche utilisé.

Un décret d'application qui pourrait intervenir rapidement

Les mousses au chocolat ou saucissons pourront par contre rester en vente pendant encore trois ans sans étiquetage nutritionnel (valeur énergétique, teneur en sel, sucre, matières grasse). L'affichage de ces données ne deviendra obligatoire qu'au 13 décembre 2016.

Mais si les fabricants les mentionnent déjà volontairement, ce qui est souvent le cas, ils devront le faire de manière "lisible et visible": en chiffres ou mots, et non pictogrammes ou symboles, et avec une taille minimale de caractères.

Ces règles doivent s'appliquer aux ventes en ligne. Pour garantir le respect de cet arsenal, l'UE examine actuellement un renforcement des contrôles et sanctions, qui devront être "dissuasives", a précisé une source européenne.

L'Union européenne à l'origine de cette directive prévoit une entrée en vigueur le 13 décembre. Le décret d'application ne devrait être adopté en France que fin décembre ou fin janvier.

Avec AFP/Relaxnews

Sources :

Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires

Communiqué de la commission européenne - décembre 2014

Ma Source :

http://news.doctissimo.fr/Nutrition/Etiquetage-alimentaire-l-Europe-aide-les-consommateurs-a-mieux-manger-39014

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lundi 16 juin 2014

Gaspillage alimentaire : l'Europe veut supprimer la mention ''à consommer de préférence avant''


89 millions de tonnes de nourriture sont annuellement gaspillées dans l'UE. (Photo : © Christian Maurer - Fotolia.com) 

Six pays membres de l'Union européenne, dont l'Allemagne, sont montés au créneau contre le gaspillage alimentaire, en demandant de limiter l'usage de la mention "à consommer de préférence avant", qui voue selon eux injustement à la poubelle des tonnes de nourriture saine... La faute aux consommateurs ou aux industriels ?

Dans un document présenté à une réunion des ministres de l'Agriculture, six pays de l'Union européenne jugent que plusieurs produits actuellement soumis à un étiquetage imprécis, comme le riz, les pâtes ou le café, pourraient en être dispensés sans dommage pour les consommateurs.

Une mesure de plus contre le gaspillage alimentaire

DLUO-DLC, c'est quoi ?

- La Date Limite d'Utilisation Optimale (DLUO) : elle porte la mention "À consommer de préférence avant le…". Elle concerne les aliments les plus stables dans le temps (gâteaux secs, boissons, sucre, boîtes de conserve...) et susceptibles de se dégrader en goût ou en texture, sans pour autant constituer un danger pour la santé.

- La Date Limite de Consommation (DLC) : elle s'accompagne de l'indication "A consommer jusqu'au/avant". Elle est sur les emballages de denrées périssables, à conserver au frais et susceptibles, après une courte période, de présenter un danger pour la santé humaine (ex. : viande vendue en barquette).

Estimant que 89 millions de tonnes de nourriture sont annuellement gaspillés dans l'UE, les Pays-Bas et la Suède, à l'origine de cette initiative, ont d'emblée reçu le soutien de l'Allemagne, l'Autriche, du Danemark, et du Luxembourg. "Il est vraiment nécessaire de faire des pas supplémentaires", a déclaré Mme Dijksma, ministre néerlandaisde de l'Agriculture.

Le gaspillage de nourriture, désormais désigné au niveau mondial et face à l'accroissement démographique, représente une menace majeure contre la sécurité alimentaire. La lutte contre le gaspillage est notamment au centre d'un plan d'action "pour une alimentation durable" de la Commission européenne qui sera présenté en juin 2014.

Confusion sur la mention "à consommer de préférence avant le..."

Les consommateurs "jettent souvent leurs produits sans nécessité à cause d'une confusion" entre ce délai et au-delà duquel le produit est susceptible de perdre ses qualités (notamment gustatives). Ceux-ci craignent effectivement de tomber malade en dépassant la date de péremption, et ne culpabiliseront pas de jeter un produit en bon état. Mais "ce label n'a rien à voir avec la santé, mais avec la qualité du produit, dont je pense que les consommateurs sont en mesure de juger par eux-mêmes", a souligné la ministre néerlandaise de l'Agriculture.

Le gaspillage alimentaire en France

Dans l'Hexagone, c'est 20 kg de nourriture jetés chaque année, dont 7 kg de produits jamais déballés. Réalisant un "test labo exclusif"(1), l'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a montré que les dates de péremption étaient "raccourcies par les industriels" pour "de pures des raisons de marketing". Celle-ci a ainsi demandé que la différence entre la "date limite de consommation" et la "date limite d'utilisation optimale" (voir encadré) soit mieux expliquée aux consommateurs.

La demande de l'UFC-Que Choisir part du principe que les dates limites de consommation devraient être établies uniquement sur la base de critères sanitaires clairs, en rendant également plus explicite la différence entre les deux mentions ci-dessus.

Selon la Banque mondiale, qui a tiré la sonnette d'alarme en février  2014 sur le problème, quelque 35% du gaspillage est le fait du consommateur final, notamment dans les pays développés.

Par La rédaction d'Allodocteurs.fr, avec AFP

Mis en ligne par,

Source :

http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-gaspillage-alimentaire-l-europe-veut-supprimer-la-mention-a-consommer-de-preference-avant--13456.asp?1=1

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