Dans un rapport publié ce vendredi 20 juin, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) préconise l'arrêt des traitements antibiotiques préventifs dans les élevages.

Pourquoi un rapport sur les antibiotiques en élevage? 

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) publie ce vendredi 20 juin un rapport sur l'utilisation des antibiotiques dans les élevages et sur les risques d'émergence de bactéries résistantes aux antibiotiques. Elle a constitué un groupe de travail composé d'experts pour plancher sur ce sujet de santé publique, jugé prioritaire par le ministère de l'Agriculture. Le ministère de l'Agriculture a mis sur pied le plan national Ecoantibio qui a pour objectif, sur la période 2012-2017, de réduire de 25% l'usage des antibiotiques en médecine vétérinaire « pour préserver durablement l'efficacité de l'arsenal thérapeutique » pour la santé animale et la santé humaine. 

Comment apparaissent les souches de bactéries résistantes aux antibiotiques?

La sélection et le développement de résistances bactériennes concernent deux populations de bactéries: d'une part, les bactéries pathogènes pour les animaux, d'autre part, les bactéries de la flore commensale (ensemble des bactéries, naturellement présentes dans un organisme, notamment dans le tube digestif) des animaux traités. Ces bactéries résistantes, ou des morceaux de leur ADN, explique l'Anses, « sont susceptibles d'être disséminés dans l'environnement des animaux, voire transmis à l'homme par contact direct ou indirect, ou via certaines denrées d'origine animale ». Il est donc préférable, insiste l'Anses, "de privilégier des antibiotiques à spectre étroit", ciblé sur la bactérie à l'origine de l'infection.

Quelles sont les recommandations de l'Anses?

L'Anses recommande de mettre sous surveillance l'usage des antibiotiques par espèce animale et par type de production. Elle préconise une traçabilité de toutes les prescriptions et délivrances des médicaments anti-infectieux pour établir un tableau de bord de l'utilisation d'antibiotiques au niveau de chaque élevage. Elle souhaite un suivi vétérinaire renforcé et régulier des élevages ayant une forte utilisation d'antibiotiques. Les experts du groupe de travail font ressortir unanimement « la nécessité d'abandonner l'usage des antibiotiques en prévention », immédiatement pour certaines filières, avec un certain délai pour d'autres, dépourvues de solutions alternatives. Ils soulignent « l'importance de rechercher sans tarder des solutions de remplacement, notamment la vaccination ». Ils encouragent la mise au point de détecteurs précoces d'un animal malade. La prescription des céphalosporines de dernières générations et les fluoroquinolones, familles d'antibiotiques dites d'importance critique, doit être autant que possible réservé à la médecine humaine.